2eme cuirassiers.com AMX 30 B2 1982
Les années soixante-dix se sont révélées particulièrement fécondes en développements technologiques applicables aux chars de combat. D’une part, l'apparition de nouvelles conduites de tir, avec télémètre à laser, calculateur électronique et télévision à bas niveau de lumière accroissait sensiblement les capacités de combat tous temps des chars de bataille et, d'autre part, les progrès en matière de motorisation (boîtes de vitesse automatiques, moteurs à suralimentation refroidie, chenilles à connecteurs) influaient tout aussi favorablement sur la mobilité de ces mêmes engins.
Les chars OTAN de deuxième génération commencent à équiper les différentes armées de l'alliance : M-1 Abrams américain, Léopard 2 allemand, Challenger britannique. A l'est, le T-72 est le char standard du pacte de Varsovie. Le char Leclerc n'existe que sur la planche à dessin et il est urgent de trouver un char de transition Ces progrès rendaient nécessaires la modernisation du char AMX-30 B, que l’Armée française avait mis en service en 1966. A dire vrai, la mécanique de ce matériel n’avait jamais donné entière satisfaction à ses utilisateurs, plus particulièrement en ce qui concernait la transmission. Aussi, vers le milieu de la décennie, l'Etat-Major décidait-il de remettre l'AMX-30 B à un niveau technologique compatible avec l’époque, ainsi que de remédier aux défauts mis en lumière au cours de ses quelques dix années de service. Le B2 diffère du 30 B par l'installation d'une nouvelle conduite de tir assurant une probabilité de 99 % de coups au but. Une nouvelle munition APFSDS (obus flèche à sabot détachable) est adoptée. Enfin la motorisation est revue par adjonction d'un turbo compresseur et mise en place d'une nouvelle transmission. La suspension est également revue.
Le programme d’évolution de l'AMX-30 B vers I'AMX-3O B2 fut officialisé en juin 1979. Les crédits de financement de deux premières tranches de cinquante véhicules apparurent dans les budgets militaires de 1981 et de 1982. Au début de 1981, le 503e R.C.C. se chargeait d’appliquer aux premières machines AMX-30 B2 un programme de vieillissement accéléré; celui-ci devait permettre de tester la résistance des machines et de révéler d'éventuelles maladies de jeunesse. Au terme de cette campagne, en janvier 1982, le 503e R.C.C. réceptionnait le premier char AMX-30 B2 de série. Le programme prévoyait la réalisation d’un millier de chars AMX-30 B2, pour environ un quart en fabrications neuves et trois quarts en reconstruction de chars existants. A la fin de 1985, quelques 235 chars AMX-30 B2 avaient été livrés par l’Arsenal de ROANNE (ARE), tandis que le programme prévoyait la conversion de 511 machines entre 1984 et 1988. La fin des livraisons était initialement prévue pour 1993 ; cependant, en 1991, suite aux restrictions budgétaires et à la détente dans les relations Est-Ouest, GIAT Industries annonçait l’annulation des contrats relatifs à quatre-vingt-douze chars de ce type. L’AMX-30 B2 a également fait l’objet de contrats d’exportation en faveur de la République de Chypre ; en 1987, cette dernière en avait commandé quinze exemplaires, lesquels ont été livrés en 1988 ; cette première tranche a été suivie d’une seconde commande, portant sur trente-cinq machines, à la fin de l’année 1989 Durant la "Guerre du Golfe" de 1991, les quelques quarante chars AMX-30 B2 alignés par le 4ème Régiment de Dragons ont tenu très honorablement leur place au sein de la Division “Daguet”, que la France avait engagée contre l’Irak.AMELIORATION DE LA PUISSANCE DE FEU ET DE LA PRECISION DU TIR Les améliorations perçues par l'AMX-30 B2 dans ces domaines concernent à la fois les munitions et la conduite de tir.L’adjonction de l’obus flèche de 105 mm (OFL) Fl à l’éventail des munitions utilisables par le canon rayé de l’AMX-30 B2 a nécessité : - l’incorporation, dans les lunettes de tir, d'une graduation spécifique à la table de tir de l’OFL ; - l’adaptation des râteliers de stockage des munitions, dans la caisse et dans la tourelle. Tiré à la vitesse initiale (V0) de 1.525 m/s, l’obus flèche (OFL) à tête en tungstène perfore 150 mm de blindage, sous incidence de 600, à 5.000 mètres de distance ; le projectile garde son efficacité contre les blindages fortement inclinés il ne ricoche pas, même à des incidences de 80° et au-delà ; un dispositif original accroît sensiblement son efficacité contre les blindages légers. La nouvelle conduite de tir COTAC (Conduite de Tir Automatique pour Char) exploite différents paramètres qui influencent la précision d’un tir ; elle détermine exactement les corrections en site et en gisement, à appliquer à la pièce de 105 mm. Elle a été développée à partir d’un ensemble lunette-télémètre M 581, à grossissement 10, qui incorpore : - un télémètre à laser, au néodyme 550, mesurant les distances jusqu’à 10.000 mètres, avec une précision de plus ou moins 5 mètres ; - un boîtier électronique M 579, comportant un gyroscope tachymétrique, un capteur de dévers et des modules électroniques de traitement des données ; - un moniteur de télévision, associé à une caméra thermique modulaire CASTOR, à bas niveau de lumière (TV-BNL), pour le tir de nuit. Par ailleurs, le chef de char dispose, pour son propre usage, dune lunette monoculaire, d’un moniteur de télévision associé à la caméra TV-BNL et d’un pupitre d’affichage des données. Ainsi équipé, l’AMX-30 B2 voit ses capacités de combat, tant diurne que nocturne considérablement augmentées, par rapport au char tel que conçu à l’origine.
AMELIORATION DE LA MOBILITE Les améliorations relatives à la mobilité visaient surtout à corriger, sur I'AMx-30 B2, certains défauts mécaniques que l’usage avait révélé sur l’AMX-30 B. Ainsi, l’efficacité dynamique et la fiabilité de la boîte de vitesse mécanique 5 SI) laissaient beaucoup à désirer et d’autres problèmes, notamment ceux relatifs aux batteries, se répercutaient de manière négative sur la mobilité du char. Aussi, la vieille boîte 5 SI) fut-elle remplacée sur l’AMX-30 B2, par une boîte au mécanisme plus moderne, l’ENC 200 Minerva à cinq vitesses, et un inverseur ; cette boîte intègre, dans un ensemble compact : - une boîte de vitesses automatique à convertisseur de couple hydrocinétique ; - une direction hydrostatique, à double différentiel et variation continue du rayon de virage. Par rapport à la transmission d’origine, la servo-transmission ENC-200 contribue à rendre la conduite du char plus sûre et plus précise, tout en rendant possible le changement des rapports en cours de virage, ainsi que le virage sur place autour de l’axe du char. Autre facteur déterminant de la mobilité du char : la suspension a bénéficié d’un renforcement notable, qui améliore non seulement la mobilité en tout terrain, mais également le confort de l’équipage ; ce renforcement a été obtenu par l’installation de barres de torsion de plus grand diamètre, de butées à élastiques et d’amortisseurs hydrauliques à levier renforcé. Sont disponibles, au choix de l’utilisateur, une chenille à patins d’acier, ou une chenille à connecteurs, Ces dernières améliorant le confort et la mobilité sur les terrains durs ou rocailleux.AMELIORATION DE LA PROTECTION Sur l’AMX-30 B2, la protection balistique du char peut être renforcée par la fixation de modules de blindage complémentaires sur le masque et sur les flancs de la tourelle, ainsi que sur les flancs de la caisse. L’adjonction d’un générateur de fumée aux échappements permet la création rapide d’un nuage de fumée, capable de dissimuler le char à la vue de l’ennemi. La protection NEC du char est assurée par une parfaite étanchéité de l’engin, consistant en l’isolement de l’air de la chambre de combat et sa pressurisation. Contre les agressions chimiques, l’équipage dispose de deux appareils de décontamination d’urgence. Un radiamètre-dosimètre (DUK-DUR) mesure la dose de rayonnement et déclenche éventuellement une alarme. Au moyen d’un voyant lumineux et d’un avertisseur sonore, un détecteur d’alerte incendie, placé dans le compartiment moteur, avertit l’équipage qu’il doit actionner les extincteurs au CO, répartis, au nombre de quatre, dans le char.
Le 2ème Cuirassiers sera équipé d'AMX30B2 de 1985 à sa dissolution en 1991
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