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La Bataille.
Dès 7 heures du matin, un échange de coups de canons et des accrochages de patrouilles précipitent les événements contre la volonté des deux Commandants en Chef . Si au début de la bataille les Français réussissent à contenir les Allemands et leur infligent de lourdes pertes, la situation ne tarde pas à s'aggraver progressivement pour eux à partir de midi , principalement au Nord du Niederwald autour de Froeschwiller et d'Elsasshausen. Grâce à des renforts jetés dans la bataille, les Allemands y exercent une forte pression. Courageusement, les Français se battent à 1 contre 4. Des combats meurtriers s'y livrent sans relâche. Finalement l'artillerie allemande fait la décision.
La charge de la Brigade MICHEL.
Autour de Morsbronn que marque le flanc sud du dispositif Français, la 4éme division du Général LARTIGUE, très éprouvée par le tir de l'artillerie allemande dont la supériorité se confirme, risque d'être tournée par les unités d'infanterie prussienne commandée le Général SCHKOPP Les 8ém et 9éme Cuirassiers,2 escadrons du 6éme Lanciers de la Brigade du Général MICHEL sont désignés pour la dégager vers 13 heures. Ces magnifiques cavaliers, parmi lesquels se trouvent beaucoup d'Alsaciens, s'élancent aux cris répétés de "Vive l'Empereur" dans un train d'enfer vers Morsbronn que nos Turcos ont déjà évacué. Mais le terrain est parsemé de vignes et de houblonnières. Autant de pièges et d'obstacles mortels. Autant de couverts derrière lesquels sont embusqués les fantassins prussiens qui ouvrent un feu meurtrier, à bout portant, sur les vaillants Cuirassiers. Après avoir bousculé et refoulé les Allemands, progressant le long de la lisière du village, les Cuirassiers pénètrent dans Morsbronn par le nord, mais essuient un feu nourri venant des maisons où l'ennemi s'est retranché...
Continuant leur charge, ils arrivent à la bifurcation de la rue principale du village. Les uns se dirigent à gauche vers la route de Woerth-Haguenau et gagnent la plaine. Certains parviendront à Strasbourg et y porteront la triste nouvelle... Les autres, les plus nombreux, trompés par la largeur de la rue qui, à droite de la bifurcation conduit comme de nos jours vers l'église et la sortie du village en direction de Mertzwiller, s'y engagent au grand galop. Mais se rétrécissant progressivement jusqu'à l'église, puis s'imprimant deux tournants successifs, le 1er à gauche, le 2éme à droite, presque 'à angle droit, avant d'escalader un raidillon étranglé vers les vignes, cette rue devient une véritable souricière où les malheureux cavaliers s'entassent pêle-mêle et deviennent la cible facile des tireurs ennemis... A leur tour, les 2 escadrons du 6éme Lanciers suivent le même chemin et tel un ouragan s'engouffrent par le Nord dans Morsbronn où ils subissent le même sort que leurs camarades Cuirassiers... En peu d'instants, tous ces superbes escadrons sont fauchés, massacrés !.
La charge de la Division de BONNEMAINS.
Vers 15 heures 15, la Division de Cavalerie de BONNEMAINS, composée des 1er, 2éme, 3éme et 4éme Régiments de Cuirassiers, reçoit l'ordre de charger au centre du dispositif. Elle exécute 17 charges en l'espace d'une heure. Elle perd un tiers de son effectif .Le Colonel Louis LAFUTSUN DE LACARRE, commandant le 3éme Cuirassiers, se lance à la tête de ses cavaliers. Il est décapité par un obus qui blesse également son trompette, l'Alsacien TOCH. Malgré cela, le corps rivé à son cheval et sabre au poing... le Colonel au grand galop poursuit l'assaut vers l'ennemi ! !
Combien hallucinant a dû être ce spectacle...
L'armée impériale comptait 10 beaux Régiments de Cuirassiers au début de la guerre.
En une seule journée 6 furent anéantis, sans autre résultat que de retarder l'avance de l'ennemi d'une demi-heure.
Le sacrifice des Tirailleurs.
Après avoir envoyé à la mort les Cuirassiers et perdu sa réserve d'artillerie, Il ne restait à Mac-Mahon qu'un seul régiment qui n'avait pas encore saigné ce 6 août 1870, le 1er Rgt de Tirailleurs Algériens qui avait perdu le tiers de son effectif à Wissembourg le 4 août, Baïonnette au canon, les Tirailleurs surgissent sur la crête et foncent sans tirer sur les Prussiens qui viennent de s'emparer des canons français. Le feu violent dirigé sur eux ne peut les arrêter. Le choc principal se donne là où les unités du 11ème et 5ème Corps prussien se mélangent. Cette masse inorganisée est prise de panique. Les Prussiens s'enfuient en désordre vers Elsasshausen, le Petit-Bois et jusqu'au Niederwald, entraînant dans la débandade les unités de seconde ligne. Plus de 2.000 Prussiens se sauvent devant la charge impétueuse des Turcos. L'élan téméraire des Tirailleurs se brise à la fusillade générale des Prussiens embusqués à la lisière du bois. Par trois fois les Turcos se jettent en avant, trois fois ils sont repoussés par la pluie de balles et de mitraille qui les accable car, le Général HAUSMANN, commandant l'artillerie du 11éme Corps prussien réussit à arrêter la retraite d'une batterie et à ouvrir le feu par boîtes à mitraille sur le flanc gauche des Tirailleurs.
La panique des Prussiens est terminée. Ils se lancent à la contre-attaque sur le flanc droit. Il était environ 16 heures quand le sacrifice des Turcos fut consommé. Leur attaque constitue l'un des plus brillants faits d'armes de la journée du 6 août riche en actes de bravoure dans les deux camps.
La maison des Turcos.
Le 2ème Régiment de Tirailleurs Algériens était composé, le matin du 6 août de 84 officiers et de 2.216 hommes. Entre 15 heures 30 et 16 heures, une trentaine d'hommes, réunis autour du Capitaine ANGLADE près de la maisonnette destinée à surveiller les vignes du Nord-Ouest de Woerth, résistent farouchement aux assauts répétés de plusieurs centaines de Bavarois. Sans munitions, les Turcos dans une lutte âpre à la baïonnette tombent les uns après les autres, à l'image de leur Capitaine, percés de coups dans une ultime et impossible résistance.
Seuls 8 officiers et 441 hommes de ce Régiment se retrouveront le soir sur la route du repli.
Après la bataille
Du côté Allemand, on peut faire confiance à la comptabilité méthodique de l'Etat-Major. Elle indique 487 officiers et 10.153 sous-officiers et hommes tués. Du côté Français, les chiffres varient selon les sources. On estime les pertes totales de l'Armée d'Alsace à 10.000 tués et 6.000 prisonniers. Les premiers jours après la bataille, ce fut l'enfer pour la population civile de Woerth et Froeschwiller Les Allemands avaient raflé toutes les réserves alimentaires et le seul puit qui contenait encore de l'eau était assiégé en permanence par la troupe. Aux abords des rues, dans la campagne, des monceaux de cadavres attendaient qu'on veuille bien les enterrer. Devant l'ampleur de la besogne, tous les hommes valides des villages environnants avaient été réquisitionnés. Armés de pelles et de pioches ils mirent près de huit jours pour ensevelir
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