napoleon

L'EMPEREUR

                 

L'Epopée

Imperiale

                 
1804-1815
       
                 
                     
               

Le Régiment fait alors partie, avec le 9ème Cuirassiers,  de la 2ème Brigade Armand Lebrun de l'Houssaye, de la 1ère Division de cavalerie lourde de réserve Etienne-Marie-Antoine Champion, comte de Nansouty, où il restera durant une bonne partie de la période de l'Empire.
Le 2ème Cuirassiers prend part à la campagne de 1805. Quittant Lille le 28 août, il arrive à Pirmasens le 16 septembre. Ayant laissé un escadron au dépôt de Caen, il est est donc fort de trois escadrons, avec 23 officiers, 434 cavaliers et 469 chevaux. Ce sous effectif est en fait une exception dans la Grande Armée, et Napoléon s'en ouvre auprès de Berthier. De sorte que, lorsqu'il passe le Rhin, le Régiment a été renforcé à 575 hommes, grâce aussi à la stricte discipline et au soin renforcé des montures mis en place par Nansouty.
Le Régiment est à Wertingen le 8 octobre 1805 et Elchingen le 15 octobre mais il reste en réserve et n'est pas engagé au cours des charges menées par les dragons Français.
Le 2 décembre 1805, le 2ème Cuirassiers, qui fait partie de la Réserve de cavalerie toujours la 2ème Brigade de l'Houssaye est déployé sur la droite de l'infanterie de Lannes, au sud du Santon et à l'ouest de Blasowitz. Il n'a cependant ce jour là que 304 sabres, en raison de la longue campagne, et des divers détachements. L'engagement survient lorsque Murat, devinant que la cavalerie russe s'épuise dans son attaque contre les Dragons français, lance dans la mêlée les 1ère et 2ème Divisions de cavalerie de réserve de Nansouty et d'Hautpoul. Les combats qui vont alors se dérouler assureront la réputation de la cavalerie lourde française pour plus d'une décade.C'est Nansouty qui s'avance le premier, soutenu par d'Hautpoul. Les premiers à entrer dans la mêlée sont les Carabiniers de la 1ère brigade Piston, qui s'engagent contre les Dragons russes Tver. La charge des Carabiniers explose littéralement les cavaliers russes.  Obliquant vers le sud-est, la Division fait face à un nouvel obstacle : les Hussards Elisabethgrad et les Dragons Chernigov. Les deux formations Françaises, renforcés par les 2ème et 3ème Cuirassiers rentrent au contact, les Russes sont bientôt repoussés. Mais Nansouty, s'apercevant de l'approche de nouveaux cavaliers ennemis, s'empresse alors de rappeler ses cavaliers, les reformant derrière les fantassins de Caffarelli.
Sous leur protection, il forme ensuite trois colonnes, avec les 1er et 2éme Carabiniers et le 2ème Cuirassiers en 1ère ligne, et les 9ème, 12ème et 3ème Cuirassiers en seconde ligne. Les fantassins de Caffarelli, dans un ordre parfait, ouvrent alors leurs rangs, et la masse d'acier se met de nouveau au trot, avançant à la rencontre des cavaliers russes. Un témoin se rappellera cette scène, unique dans les guerres napoléoniennes, de dix Régiments de cavalerie lourde chargeant sur une seule ligne "comme s'ils étaient passés en revue par un Inspecteur général" ! La batterie attelé ouvre alors le feu contre les cavaliers russes, et les Cuirassiers chargent, par trois fois, les Dragons Chernigov, les Hussards Elisabethgrad et les Dragons Kharkov. La première ligne russe est mise en déroute et renvoyée sur la seconde, et, après 4 à 5 minutes d'une furieuse mêlée, la cavalerie russe se disperse sur le champ de bataille, avec de lourdes pertes.
Ce beau mouvement aboutit à couper en deux l'Armée Austro-Russe et à nous rendre maître des hauteurs de Kruck et d'Holowitz.

Le 2ème Cuirassiers perd ce jour-là 1 tué et 17 blessés. La part prise par le Régiment vaudras a l'Etendard sa 2ème inscription.

" AUSTERLITZ"

Après la bataille, le Colonel Yvendorf est promu Général de Brigade, et le Chef d'escadron Chouard devient le nouveau Colonel.

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Général Nansouty,cliquez sur l'image

 

         
 

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Plan d'Austerlitz, cliquez sur l'image

         
 

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L'Empereur sur le champ de bataille

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Une courte période de paix s'installe. Le Régiment vas tenir ses quartiers à Linz, à Ingolstadt et à Kitzingen. Le 31 août 1806, un décret Impérial fixe l'éffectif du Régiment à 820 sabres et 831 chevaux. C'est ensuite la campagne de Prusse. Mais le 2ème Cuirassiers arrive trop tard et ne participe pas à la bataille d'Iéna, dés le lendemain le 15 octobre 1806 il se lance à la poursuite des Corps d'Hohenlohe et de Blücher en déroute et par Langensalza, Immenrode, Calbe, Dessau et Potsdam, entre à Berlin le 27 octobre. Il cantonne ensuite à Varsovie, du 22 decembre 1806 au 13 janvier 1807.  Au début de la campagne d'hiver de Pologne, la Division Nansouty rejoint la Grande Armée, mais échappe au massacre d'Eylau ( 13 fevrier 1807 ) et est poussé dans la région de Koenisberg en Prusse (fin mars). C'est le Général de brigade Doumerc  qui commande ensuite la Division (formée des 2ème et 9ème Cuirassiers ), pour la campagne de juin. Le Régiment est présent à Guttstadt, puis Heilsberg, arrivant sur  le champ de bataille de Friedland aux premières heures du 14 juin 1807. Il participe aux combats autour d'Heinrichsdorf, mettant plusieurs fois en déroute la cavalerie russe d'Uvarov, éffectuant pas moins de 15 charges. Selon le 79ème bulletin de la Grande Armée , " les Cuirassiers se font remarquer par leurs magnifiques charges".

Ensuite sous les ordres de Murat c'est une nouvelle poursuite qui améne le Régiment a Tilsitt sur le Niemen le 19 juin 1807, et à Paskalwen ou le trouve l'Armistice couronné par le Traité de Tilsitt.

Le Régiment occupe diverses garnisons a Wrietzen sur oder ( decembre 1807-octobre 1808), Hanovre et Bayreuth.
Durant la campagne de 1809, le 2ème Cuirassiers fait toujours partie avec le 9ème Cuirassiers, de la Brigade Doumerc. Il est à Landshut le 21 avril puis le 22 avril participe à la victoire d'Eckmühl. Si l'on en croit le 1er bulletin Officiel de la Campagne " les Cuirassiers s'y sont comme à l'ordinaire, couvert de gloire" Leur mouvement furent si brillant que l'Infanterie du Maréchal Lannes qui défilait sur les hauteurs s'arrêta pour les applaudir. On disait alors "Brave comme un Cuirassiers" (Réçit du Général de Bismarck).

Le lendemain à Ratisbonne, il combat les Uhlans Merveldt, puis les Cuirassiers Hohenzollern et le Cuirassiers Ferdinand, conduits par le prince de Hessen-Combourg. Ce jour là, le 2ème Cuirassiers, commandé par le Colonel Chouard qui eut son cheval tué sous lui, fait prisonniers 200 autrichiens qui s'étaient fortifiés dans un village. Du 22 au 23 avril, il a à déplorer 3 officiers et 22 Cuirassiers tués ou blessés.
Le Régiment rejoint ensuite Vienne, mais il ne participe pas à la bataille d'Essling, restant en réserve dans l'île Lobau ( mais le chirurgien-major du Régiment, Bigarre, donne les premiers soins au Maréchal Lannes, juste après son transfert dans l'île ). Le 6 juillet à Wagram, engagé en direction d'Aderkié, il participe à la charge contre le centre Autrichien, envoyé à la jonction du 3ème corps de Kollowrat et la réserve de Liechtenstein. Tout d'abord couronnée de succès, cette charge est cependant arrêtée par le feu meurtrier de l'artillerie Autrichienne et les tirs des Grenadiers, et la Division Nansouty doit reculer à l'intérieur des lignes Françaises.
Ce sera l'unique action du Régiment durant cette bataille, au cours de laquelle il subit de lourdes pertes 4 officiers, 38 Cuirassiers tués, 139 chevaux sont tués et 5 officiers, 43 Cuirassiers blessés. Le Colonel Chouard pour sa part, eut deux chevaux tués sous lui. La poursuite fut interrompue rapidement par un Armistice le 19 juillet.
Pendant la période de paix relative qui suivit, le Régiment tient ses quartiers en Autriche d'abord à Linz novembre 1809, puis en Allemagne au Hanovre dans la région de Dusseldorf, à Brunswick decembre 1810, au Hanovre a nouveau en 1811. Le 7 septembre 1811, le Colonel Rolland  prend le commandement du 2ème Cuirassiers. Un nouveau décret impérial, du 18 janvier 1810, avait fixé l'effectif à 960 sabres.

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Cuirassier 2ème Régiment 1805.

 

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Mdl et Cuirassier 2ème Régiment en 1806 munis de plastrons Prussien pris a l'ennemi, le dos n'est pas protegé.

 

Lorsque la campagne de Russie commence en 1812, le Régiment est intégré au 1er corps de Réserve de cavalerie 1ère division de Cuirassiers Saint-Germain, 1ère brigade Bessières. Il est fort de 35 officiers, 960 sous officiers et cavaliers, 1030 chevaux. Par Halberstadt, Magdebourg et Deutsch Eylau il se retrouve face à Kowno le 20 juin. Le 24 juin il franchit le Niemen et prend la direction de l'Est, Wilna est occupée le 28 juin. Le 3 juillet, il se bat à Swir, et franchit la Dzisna de vive force le 6 juillet, Vitebsk est atteint le 24 juillet, Smolensk le 16 août. A Ostrowo, il charge l'infanterie Russe, lui faisant 200 prisonniers. Le 7 septembre à la bataille de La Moscowa (appelée aussi Borodino), les Cuirassiers se distinguent par leurs charges contre le 9ème Corps Russe, et contre la fameuse "Grande Batterie"( redoute Semenowskaya ), avant d'anéantir la cavalerie de la Garde Imperiale Russe. La part prise à la victoire vaut à l'Etendard sa 3ème inscription.

"LA MOSKOWA"

De nouveau la poursuite le Régiment ne s'attarde pas à Moscou, occupée le 14 septembre, et est ensuite poussé vers le sud face a Kolomma, Kalouga octobre 1812. c'est à 72kms à l'Est de Moscou que se situe la pointe extrême de son odyssée. Mais le 2éme Cuirassiers sera emporté dans le désastre de la retraite de Russie. Le 1er novembre il est a Viazma le 9 a Smolenk, le 14 a Orcha. Puis la retraite continue, en partie a pied, le 28 novembre c'est le célèbre et difficile franchissement de la Bérézina. Enfin par Wilna, Kowno et Koenisberg le Régiment se retrouve a Stettin en fin d'année 1812, réduit à 11 officiers, 23 sous officiers, 57 Cuirassiers et 20 chevaux c'est tout ce qui restait des 995 hommes et 1030 chevaux qui avaient franchit le Niemen 6 mois auparavant. Ces chiffres permettent; à eux seuls, de mesurer ce qui avait été demander au Régiment pendant ce court laps de temps.

Replié sur Brunswick, puis Hildersheim en février 1813, le Régiment est partiellement reconstituer.


Au début de la campagne de 1813, le 2ème Cuirassiers fait partie de la 1ère Brigade Berckheim  de la 1ère Division de grosse cavalerie Bordesoulle. Il est composé de 9 officiers et 169 soldats, sous les ordres du colonel Rolland. Le 3 avril il franchit l'Elbe et participe, alors qu'il ne compte encore qu'un escadron, aux combats de Molkern et de Gomern le 5 avril. Le 12 mai il est dans la région de Dresde. Il est à Bautzen les 20 et 21 mai, puis au combat de Reichenbach le 22 mai, à Dresde les 26 et 27 aout, où il charge la division Metzko, lui faisant plusieurs prisonniers. Il agit ensuite en support de la Division Dubreton , effectuant une charge qui brise deux carrés autrichiens.  Le 16 octobre à Wachau, il se heurte aux Cosaques de la Garde Russe. Le Colonel Rolland y a la jambe emportée par un boulet et le Régiment y perd 9 officiers. Après avoir conduit une charge qui repousse un Bataillon Russe du Corps d'Eugène de Wurtemberg et permet la prise de 26 canons, le Régiment est à la bataille de Leipzig le 18. Le 28 octobre 1813, le Colonel Morin  prend le commandement du 2ème Cuirassiers. Le 2 novembre, réduit à 13 Officiers, 129 Sous Officiers et Cuirassierset 98 chevaux le Régiment franchit le Rhin, puis jusqu'à la fin de l'année, est employé en couverture sur le fleuve.

                             
 

la moscowa

Plan de La Moscowa, cliquez sur l'image

 
                             
              2eme cuir en capote      
                             
   

cuir du 2eme russie

Cuirassier du 2ème pendant la retraite de Russie

 
                             
               

Réorganisé, le régiment forme avec les 3ème et 6ème Cuirassiers la brigade Berckeim. C’est ainsi que le 1er janvier 1814, les débris des 2ème, 3ème, 6ème, 9ème, 11ème et 12ème Cuirassiers concourent à composer le 3ème Régiment Provisoire en garnison à Sarrebruck. Celui-ci défend les gués et les passages de la Sarre. Il reste en arrière-garde pendant tout le repli de notre armée jusqu’en France.
Le Régiment compte alors 13 Officiers et 101 Cuirassiers.Il participe à la manoeuvre en retraite qui vise a couvrir Paris, le 4 janvier il est a Kaiserlautern, le 5 à Hombourg, le 6 à Sarrebruck, le 9 à St avold, le 12 à Metz, le 18 à Verdun, le 27 a St Dizier, le 31 à Brienne. Il est à La Rothière le 1er février et Champaubert le 10 février, où par une charge vigoureuse, il met en déroute une colonne d'infanterie russe. A Vauchamps le 14 février, deux charges auxquelles le Régiment prend part, mettent l'infanterie prussienne en déroute, l'Etendard enleve ce jour la sa 4ème inscription.

"VAUCHAMPS"

Le 17 février a Montmirail. Le 20 février, le 2ème Cuirassiers est intégré à la 1ère Brigade Thiry  de la Division de Cuirassiers Bourdesoulle du Corps de cavalerie placé sous les ordres de ce même Bourdesoulle. Puis les combats de Hay en Mulcien le 28 février, de Neuilly St Front le 3 mars, de Soissons le 5 mars. le 9 mars à Athies, il est pris dans la déroute de la cavalerie Française, chargés par la cavalerie prussienne. Le 13 mars reprise de Reims. Le 25 mars à La Fère Champenoise, il doit s'incliner devant la cavalerie de la Garde Russe qui prend sur les Cuirassiers la revanche de la Moskowa. Enfin c'est la retraite sur Paris, par Provins , Nangis, Melun et Brie Comte Robert, Le 30 mars derniéres escarmouches aux portes de Paris et c'est l'Armistice le 6 avril. Après la bataille de Paris, le Régiment n'a plus que 5 officiers et 54 Cuirassiers qui se retrouvent a Rouen le 15 avril. Le Régiment ? Pas exactement. Car, alors que sa fraction reconstituée et remontée etait engagée en Saxe , en 1813, un dépôt était resté à Hambourg, avec d'autres troupes Française. Et, c'est ainsi que deux escadrons du Régiment se battirent pour la defense de cette ville jusqu'au 5 mai 1814.

Durant la Première Restauration, le 2ème Cuirassiers est renommé  Régiment de la Reine le 12 mai 1814, avec, théoriquement, 42 Officiers et 602 Cuirassiers.
Au début de la campagne de 1815, le 2ème Cuirassiers fait partie, avec le 3ème Cuirassiers, de la 2ème Brigade Donop , de la 2ème Division de réserve de cavalerie Roussel-d'Hurbal. Il est fort de 21 Officiers, 214 Cuirassierss et 247 chevaux, répartis en trois escadrons. Il est commandé par le Colonel Grandjean. Fin avril, le Régiment est aux environs de Metz, le 4 mai à Stenay, le 13 juin vers Avesnes, le 14 à Charleroi, et le 15 juin, sous les ordres de Ney, il charge brillamment les Anglais au combat des Quatre Bras.
Le 18 juin 1815 a Waterloo voit la fin de l'époque héroïque du 2ème Cuirassiers, dans la boue et le sang du Mont-Saint-Jean. Le Régiment prend part à la seconde phase des charges de la cavalerie française, avec talent et héroïsme, subissant de lourdes pertes, sans résultat et arrachant à un observateur Britannique ce cri d'admiration "Jamais on n'a rien vu de pareil au dévouement de ces Cuirassiers". Au soir de la bataille, il ne comprend plus que 7 Officiers, 116 Cuirassiers et 117 chevaux. C'est la retraite sur Reims, Soissons, Senlis, le Bourget et Neuilly, où le Régiment réduit de nouveau à une centaine d'hommes, apprend l'abdication de Napoléon et l'armistice le 2 juillet 1815.

 

carte vauchamp

Plan de Vauchamps, cliquez sur l'image

   
                 

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Charge des Cuirassiers a Waterloo, cliquez sur l'image

 

   
                 
 

Officiers mis hors de combat à Waterloo

Grandjean            colonel blessé
Petitot                  chef d’escadron blessé mortellement
Cuny                    capitaine blessé
Guépratte             capitaine blessé
Nicod                   capitaine blessé
De Berckheim       lieutenant blessé
Ecarts                  lieutenant blessé et disparu
Laval                    lieutenant blessé
Quintin                 lieutenant blessé
Buiret                   s/lieutenant blessé
Chaillot                s/lieutenant blessé
Droz                     s/lieutenant blessé
Lerasse                 s/lieutenant blessé
Lucotte                 s/lieutenant blessé
Santon                  s/lieutenant blessé
Spennel                major blessé

     
                 
 

Alors ce fut effrayant.
Toutes les faces des carrés anglais furent attaquées à la fois. Un tournoiement frénétique les enveloppa. Cette froide infanterie demeura impassible. Le premier rang, genou en terre, recevait les cuirassiers sur les baïonnettes, le second rang les fusillait ; derrière le second rang les canonniers chargeaient les pièces, le front du carré s’ouvrait, laissait passer une éruption de mitraille et se refermait. Les cuirassiers répondaient par l’écrasement. Leurs grands chevaux se cabraient, enjambaient les rangs, sautaient par-dessus les baïonnettes et tombaient, gigantesques, au milieu de ces quatre murs vivants. Les boulets faisaient des trouées dans les cuirassiers, les cuirassiers faisaient des brèches dans les carrés. Des files d’hommes disparaissaient broyées sous les chevaux. Les baïonnettes s’enfonçaient dans les ventres de ces centaures. De là une difformité de blessures qu’on n’a pas vue peut-être ailleurs. Les carrés, rongés par cette cavalerie forcenée, se rétrécissaient sans broncher. Inépuisables en mitraille, ils faisaient explosion au milieu des assaillants. La figure de ce combat était monstrueuse. Ces carrés n’étaient plus des bataillons, c’étaient des cratères ; ces cuirassiers n’étaient plus une cavalerie, c’était une tempête. Chaque carré était un volcan attaqué par un nuage ; la lave combattait la foudre.


Victor HUGO, Les Misérables, 1862

       
                         
       

Ainsi se terminait, doulourousement, mais dans l'honneur une période particulierement glorieuse de l'histoire du Régiment. Pendant 10 ans, il n'avait cessé de se battre, avait connu l'exaltation de la conquéte et de la victoire, puis , dans l'adversité, avait montré un esprit de sacrifice sans égal.

Mais les trois noms de bataille inscrit a son Etendard et les plus belles pages ajoutées à ses Traditions au prix de son sang, ne furent pas les seules traces laissées par le Régiment durant cette période.

La légende rapporte, en effet, qu'un de ses élements resta en Belgique aprés Waterloo, et forma le noyau du 2ème Régiment de Cuirassiers Néerlandais. Lorsque la Belgique se sépara de la Hollande en 1830, ce Régiment devint le 4ème Régiment de Lanciers Belge, avec lequel le 2ème Cuirassiers fut jumelé et entretint les cordiales relations de cousinage que l'on sait.