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Il était une fois...........

   
   
   
 
   
   

C'est en l'an de grâce 1635, le 16 mai, que le Cardinal de Richelieu fonde le Régiment Cardinal-Duc à partir de compagnies d'ordonnance à laquelle il ajoute une compagnie de chevau-leger (La compagnie d’Esclainvilliers qui deviendra plus tard le 3ème Régiment de Cuirassiers) . Le Régiment se compose alors de 300 hommes, accompagne le Cardinal dans ses déplacements et assure sa protection.

Organisé en deux "Esquadres" de deux Compagnies, le Régiment Cardinal Duc est probablement à partir de 1638 confié au Vicomte de Montbas, qui devait garder la charge de Mestre de Camp jusqu'en 1652 et être remplacé à sa mort par Mr de Campférant, puis en 1654 par le Marquis Jean François de Montpezat, auquel succeda très rapidement son fils Louis François de Montpezat. Le Mestre de Camp était en même temp le chef de la 1ère Esquadre et de la 1ère compagnie. Chaque compagnie, outre le Capitaine comportait, un Lieutenant, un Cornette, un Maréchal des Logis et 30 à 40 Cavaliers ou Mestres. La tenue règlementaire comporte une cuirasse, en principe à l'épreuve de la balle de pistolet. Quelques jours après sa création le Régiment entre en campagne et y restera jusqu'en 1659.

Il participe d'abord en 1635-1636, au début de la dernière phase de la guerre de Trente ans, guerroyant en Lorraine, dans le Palatinat, en Alsace. Il se distingue lors de la prise de Bingen et lors du combat d'arrière garde de Vaudrevange le 27 septembre 1635 une de ses compagnies est commandée par FABERT futur Maréchal de France. Il est ensuite affecté à l'Armée de Flandres et va, pendant 23 ans combattre les Espagnols dans le Nord de la France et le Sud de la Belgique, ne quittant le théatre d'opération que pour participer à la répression de troubles interieurs à Caen et Avranches en 1639. Il est devant Saint Omer avec toute la Cavalerie de M. le Duc de la Force en 1642.

Le Cardinal s'éteint le 4 décembre 1642, léguant le Cardinal-Duc au Roi Louis XIII, qui meurt le 14 mai 1643.

Cardinal-Duc charge sous son nom pour la dernière fois le 19 mai 1643 à ROCROI sous les ordres du Grand Condé, et y prend une part décisive en pénètrant derrière le Duc d'Enghien dans le "Grand Carré" Espagnol.

Le 1er août 1643 le jeune Roi Louis XIV (alors agé de 5 ans) rebaptise le Cardinal-Duc, il devient le Royal-Cavalerie confirmé par décret Royal du 1er août 1644.

C'est sous ce nom qu'il continu de guerroyer dans le nord de la France et le sud de la Belgique combattant les Espagnols, il participe à nouveau à la répression de troubles à La Rochelle en 1651 et dans la region parisienne en 1652.

Il s'illustre lors de nombreux sieges Corbie, Landrecies, Maubeuge, La Capelle, Aire Saint Lys et de nombreuses batailles. Le 14 juin 1658 sous les ordres de Turenne il se montre à nouveau décisif lors de la bataille des Dunes. Il tient garnison dans le Boulonnais et prend part à la répression d'une révolte paysanne dans cette province en 1662. Son commandement est confié en 1666 au Prince François de Marcillac. Les hostilités reprennent contre les Espagnols en 1667. "Royal" sert d'abord sous Turenne et participe sous ses ordres à l'invasion de la Flandre. Il est à la prise de Charleroi, de Douai, de Tournai, d'Oudenarde et s'illustre au combat de Lille septembre 1667. Puis sous les ordres de Condé, il se bat en Franche Comté, et assiste notamment à la prise de Besançon, de Dole et de Gray en février 1668. La paix d'Aix la Chapelle le 2 mai 1668 par laquelle la France gardait la Flandre mais rendait la Franche Comté aux Espagnols interrompt les hostilités "Royal" connait alors trois ans de repos , qu'il passe à Oudenarde (1668) puis à Verdun (1671). Il porte alors un habit de drap bleu foncé et un chapeau noir.

Mais la trève est de courte durée et la guerre reprend en 1672 cette fois contre une coalition Hispano-Germano-Hollandaise. "Royal" va y participer pendants dix ans guerroyant d'abord dans les Pays Bas(1672), en allemagne du Nord (1673) en Alsace et dans le Palatinat (1674-1675), sous les ordres de Turenne , ensuite à l'Armée de Flandres (1676-1677), puis à nouveau en Alsace et en Bade (1678). Il participe notamment à l'audacieuse traversée du Rhin dans la région d'Ijsell, à la prise d'Arnhem et de Nimége (mai juillet 1672), à celle de Maastricht, où fut tué le fameux d'Artagnan le 20 juin 1673, à la victoire de Sintzheim le 16 juin 1674, à la libération de l'Alsace en janvier 1675. Sous les ordres du frêre du roi, Phillipe d'Orléans, il prend part à la défaite de la gauche Espagnole commandée par le prince d'Orange au Mont Cassel le 11 avril 1677 et à la prise de Gand et d'Ypres en mars 1678, enfin à celle de Kehl le 28 juillet 1678.

Aprés les traités de Nimegue, qui couronnèrent cette brillante campagne, consacrèrent la réunion à la France de la Flandre et de la Franche Comté et firent de Louis XIV l'arbitre de l'Europe ,"Royal" tient garnison à Vesoul, puis en Artois et en Flandre 1679-1682.

Il perd sa cuirasse, dont le port tombe peu a peu en désuétude en 1675. Le Comte d'Estaing en 1670, le Marquis de Plancy en 1672, le Marquis de Chenoise en 1674 (tué le 17 Aout 1675 au combat d'Altenheim), le Marquis de Montrevel et le Comte du Bourg en 1677, ces deux derniers futurs maréchaux de France, se succédent à sa tête durant cette période.

 
 

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Montrevel

Marquis de Montrevel

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Cependant, l'Europe s'accomode mal de la suprématie française et se ligue contre la France. Une guerre difficile va s'ensuivre, le "Royal" sert successivement en Flandre, au Luxembourg, en Alsace, puis à nouveau en Flandre et au Luxembourg. Il participe à la prise de Courtai et de Dixmude en novembre 1683, puis à celle de Mannheimen 1688. Basé a Heilbronn, il effectue durant l'hiver 1688-1689 des raids sur Bayreuth, Nuremberg, Donauworthet et Ausbourg. Le 9 avril 1691, il est à la prise de Mons.

De 1692 a 1697, il sert à l'Armée d'Allemagne , et participe au combat de Pzorzheim le 27 septembre 1692, qui vit la capture du Prince de Wurtemberg, ainsi qu'à la prise de Heidelberg le 21 mai 1693, mais il reste à l'écart des excès qui accompagnèrent la conquête de cette ville. Cette guerre fut cloturée à Ryswick par une paix blanche en 1697. Le Régiment tient alors garnison en Flandre et au Luxembourg. Depuis 1692, il porte l'habit bleu à parements rouges qui resteront ces couleurs de base tout au long de son histoire, il a le 4ème rang des Régiments de Cavalerie derriére "Colonel Général" "Mestre de Camp"et "Commissaire Général", en 1701, le Marquis du Bourg succéde à son pére dans son commandement. En 1702 les hostilités reprennent. Pour douze ans cette fois. Durant cette guerre de succession d'Espagne, "Royal" sert principalement à l'Armée d'Allemagne, sous les ordres du Maréchal de Villars, du Prince de Baviére ou du Maréchal d'Harcourt. Le 14 octobre 1702, il participe aux environs de Bâle à la victoire de Friedlingen ou il charge la cavalerie Impériale Autrichienne, "l'une des plus belles affaire de cavalerie qui se soient données il y a longtemp". Tous les officiers de cavalerie y ont été des César". Tel est , du moins le jugement porté sur ce combat par un contemporain. L'année suivante, le 20 septembre, "Royal" prend une part glorieuse à la victoire d'Hoechstaedt, en Baviere, ainsi qu'à la prise de Kempten et d'Ausbourg. Puis il établi ses quartiers à Nordlingen.

1704 est une année moins heureuse, aprés la 2ème bataille d'Hoechstaedt le 13 avril, les forces Française sont obligées d'évacuer la Baviere. "Royal" participe à cette retraite et se retrouve en Alsace en particulier dans la région de Wissembourg, qui lui sert de base pour les opérations auxquelles il participe les années suivantes en Sarre, en Bade et dans le Palatinat.

En 1713 , il est aux sièges et aux prises de Landau le 20 août et de Fribourg le 16 novembre. Cette guerre la dernière du règne de Louis XIV prit fin sur les traités d'Utrecht en 1713 et de Rastatt en 1714 confirmant les anciennes frontières de la France. Entre temps, le Duc de Sully, puis le Prince d'Epinoy en 1706, avaient succédé au Marquis du Bourg à la tête du Régiment. Ainsi se terminent les 80 premières années de l'éxistance du Régiment, au cours desquelles, constamment sur la brèche dans le nord ou l'est de la France, dans les Pays Bas ou en Allemagne, "Royal" s'est vaillamment battu pour donner à la France ses frontières naturelles, assurer sa suprématie en Europe et contribuer ainsi à faire du 17ème siécle le "Siécle de Louis XIV" le "Grand Siécle".

C'est à cette période épique que se réfèrent l'insigne et la devise du Régiment, le Soleil Royal et

"NEC PLURIBUS IMPAR"

Le règne de Louis XVs'ouvrit pour le Régiment par une période de calme relatif, un instant troublé par une courte participation à la guerre d'Espagne, provoquée par le renvoi de l'Infante d'Espagne destinée en mariage au Roi. Affecté à l'Armée d'Espagne, "Royal" est envoyé à Orthez puis opère en Roussillon et en Catalogne sous les ordres du Maréchal de Berwick en octobre et novembre 1719. Il rentre ensuite dans ses quartiers. 1725 le trouve en Lorraine et en 1732 en Franche Comté. Le Comte de Melun ou le Prince d'Epinoy selon les sources est à sa tête depuis 1724.

En 1733 Louis XV intervient contre la maison d'Autriche et la Russie pour appuyer la candidature de son beau père au trône de Pologne. "Royal" est affecté à l'Armée du Rhin sous les ordres du Maréchal de Berwick et se concentre à Selesta, puis participe au siége de Khel du 13 au 28 octobre 1733. En 1734 -1735 il opére en Bade et en Palatinat, avant de prendre part à l'occupation de la Lorraine 1737-1738, ou le trouve la paix de Vienne. le Comte de Beuvron a pris le commandement du Régiment en 1738.

La guerre de succession d'Autriche dresse la France d'abord alliée à la Prusse et la Baviere, contre la maison d'Autriche et l'Angleterre. Affecté à l'Armée de Bohême sous les ordres du Maréchal de Belle-Isle, "Royal"quitte Lauterbourg au printemps de 1741. A l'automme, il est en Autriche, puis en Bohéme, ou il participe au siège et à la prise de Prague 29-30 novembre 1741. En 1742, il se bat en Moravie ( prise d'Egra ), puis est bloqué sous les murs de Prague avec toute l'Armée Française juin-decembre 1742. Il participe à sa retraite et se retrouve en février 1743 à Colmar ou le Marquis d'Ecquevilly en prend le commandement. En mai de la même année, il rentre à nouveau dans le Palatinat, et participe brillamment contre les Anglo-Autrichiens au combat d'Aschaffenbourg le 25 juin, puis regagne l'Alsace. Un moment affecté à l'Armée de Flandre il se retrouve à l'été 1744 à Selestat et à Strasbourg, menacés par les alliés. Puis franchissant le Rhin, il participe une nouvelle fois au siége et à la prise de Fribourg le 15 novembre 1744.

En 1745, le voici revenu en Flandre et en Belgique ou, sous les ordres du Maréchal de Saxe, on le voit a Fontenoy le 11 mai 1745 ou il fait partie de la 2ème ligne et au siege de Tournai. L'année suivante, c'est à celui de Bruxelles, avant qu'il ne prenne part aux victoires de Raucoux le 11 octobre 1746 et de Lawfeld le 2 juillet 1747, qui preludèrent la paix d'Aix la Chapelle en 1748. C'est ensuite pour le Régiment , quelques années de la vie de garnison, principalement dans l'ouest et le nord de la France, notamment à Rennes, Caen, Soissons, Sedan et Maubeuge de 1749 a 1756.

Mais voici à nouveau la guerre, entre la France alliée cette fois à l'Autriche et à la Russie, contre la Prusse et L'Angleterre. Une guerre désastreuse, qui devait notamment coûter a la France ses florissantes colonies des Indes et du Canada. Mais "Royal" n'y connu point la défaite.

En 1757 sous les ordres du Maréchal d'Estrées, il participe à la campagne du Hanovre, à l'occupation de la Hesse, et à la prise de Cassel le 15 juillet. Entre 1758 et 1759, il continue à guerroyer en Rhénanie, en Belgique et en Westphalie, sous les ordres à partir de 1759 du Marquis de Sérent. C'est là que le trouve la paix de Fontainebleau. Le Régiment de Vogué y fut incorporé en 1761.

Le Régiment connait alors une de ses plus longue période de paix. Changeant de garnison tous les 1 ou 2 ans, parfois plus fréquemment, il évolue entre l'ouest, le nord et l'est de la France, Guise, Verdun, Saint Mihiel, Sélestat, Saint Lô, Bayeux, Commercy, Metz, Belfort, Stenay, Béthune, Vesoul. Durant la même période, le Comte d'Ecquevilly en 1771, le Marquis de Moyria en 1788, et le Duc d'Esclignac toujours en 1788 se succèdent à sa tête.

L'état militaire de France pour l'année 1762, décrit le Régiment composé de 2 Escadrons de 4 Compagnies chacun. La Compagnie comporte 40 maîtres, a savoir 2 brigadiers 37 cavaliers( desquels 4 sont carabiniers ), et un trompette ou timbalier, elle est encadrée par un Capitaine, un Lieutenant, un Cornette et un Maréchal des logis. Mais peu de temps après, le nombre des Escadrons passe de 2 à 4. Puis de nouvelles réorganisations interviennent et au moment ou la monarchie va s'éteindre, le Régiment compte 5 Escadrons à Compagnies chacun. Chaque Compagnies est encadrée par un Capitaine, un Lieutenant, un Sous Lieutenant, un Cornette, un Maréchal des logis Chef, deux Maréchaux des logis, 4 Brigadiers et compte 8 "Appointés" un trompette et 65 Cavaliers. Quant à l'uniforme ses couleurs se sont fixée pour un siécle, c'est l'habit et la doublure bleus, aux parements et aux revers rouge et , pour l'équipage du cheval un galon tout uni en laine veloutée aurore.

Il est en garnison a Strasbourg quand éclate la Révolution en 1789.